Plus de 3 millions de trottinettes électriques circulent en France en 2026, et la question de l’assurance reste pourtant mal comprise par une bonne partie de leurs utilisateurs. Obligation légale depuis 2019, la couverture RC n’est pas une option, et les récentes évolutions réglementaires ont rebattu quelques cartes. Voici l’essentiel pour y voir clair avant de prendre la route.
Une obligation légale, pas un choix
Depuis le décret n° 2019-1082, toute trottinette électrique est classée parmi les engins de déplacement personnel motorisés (EDPM) et doit être couverte par une assurance responsabilité civile, même pour un usage occasionnel. Circuler sans cette couverture constitue un délit pénal, avec une amende forfaitaire de 500 euros (majorée à 1 000 euros en cas de paiement tardif), et peut aller jusqu’à 3 750 euros selon les circonstances, sans oublier la possibilité de confiscation de l’engin.
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Bonne nouvelle côté démarches : depuis le 1er avril 2024, la vignette verte et la carte d’assurance papier ne sont plus obligatoires. La preuve de couverture est vérifiée via le Fichier des Véhicules Assurés. Garder son numéro de contrat à portée reste néanmoins conseillé en cas de contrôle. Et si vous hésitez encore sur le type d’engin à acheter, ce guide sur l’assurance trottinette électrique détaille aussi les critères techniques à prendre en compte avant l’achat.
Un point souvent négligé : la vitesse de l’engin détermine directement la nature du contrat requis. Une trottinette bridée à 25 km/h maximum relève du régime EDPM, avec une RC simple à tarif accessible. Au-delà de 25 km/h et jusqu’à 45 km/h, l’engin est assimilé à un cyclomoteur et nécessite une assurance moto. Rouler avec un contrat inadapté à la vitesse réelle de sa machine, c’est rouler sans couverture effective.
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Trois formules, des prix très différents
Le marché propose trois grandes catégories de couverture. La RC seule protège les tiers en cas de dommages que vous leur causez : c’est le minimum légal, accessible dès 27 euros par an, soit moins de 3 euros par mois. Les formules intermédiaires y ajoutent généralement la protection corporelle du conducteur, une garantie en cas de vol ou une assistance en cas de panne. La formule tous risques, la plus complète, couvre aussi les dommages accidentels à la trottinette elle-même.
Pour les EDPM classiques (≤ 25 km/h), les tarifs mensuels oscillent entre 3,50 et 5 euros selon la formule. Pour les engins assimilés cyclomoteurs, la fourchette grimpe entre 150 et 400 euros annuels selon le profil et les garanties retenues. Certains contrats proposent des options à la carte : garantie mobilité si la batterie tombe en panne, couverture multi-conducteurs pouvant inclure jusqu’à cinq utilisateurs, ou compatibilité avec un usage en free-floating.
Les pièges à éviter avant de signer
L’accidentologie pousse à ne pas prendre le sujet à la légère. En 2024, 45 personnes sont mortes sur une trottinette électrique en France, un chiffre plus de quatre fois supérieur à celui de 2019. Sur douze mois glissants (décembre 2024 à novembre 2025), on compte 71 décès et plus de 1 000 blessés graves chez les utilisateurs d’EDPM. Dans l’Hérault seul, les accidents ont doublé entre 2023 et 2024.
Plusieurs situations annulent automatiquement la couverture : un conducteur de moins de 14 ans (âge minimum légal depuis 2023), une trottinette débridée dépassant 25 km/h assurée comme EDPM, un modèle sans homologation CE, ou un usage professionnel non mentionné au contrat (livraison, par exemple). Avant de souscrire, il vaut la peine de lire attentivement les exclusions de garantie plutôt que de se fier uniquement au tarif affiché.
Sur l’assurance trottinette, l’enjeu n’est pas de dépenser plus, mais de choisir le contrat qui correspond réellement à son usage, son engin et son profil.

